Élection présidentielle au Congo : un scrutin dans le silence après la coupure des communications

Le silence s’est installé au Congo-Brazzaville alors que les électeurs se rendent aux urnes pour l’élection présidentielle. Les autorités ont décrété une journée « ville morte » et coupé l’accès à internet et aux réseaux sociaux, créant une atmosphère étrange dans la capitale.

Depuis minuit, les communications téléphoniques, les SMS et l’accès à internet ont été suspendus. Cette mesure exceptionnelle vise à prévenir la propagation de « messages de haine » et à assurer la « sécurité publique » pendant le vote. Les rues de Brazzaville et de Pointe-Noire sont désertes, à l’exception des véhicules officiels et des rares taxis encore en circulation.

Le président sortant Denis Sassou Nguesso, au pouvoir depuis 1997 et déjà président de 1979 à 1992, brigue un nouveau mandat. Il est confronté à six candidats, dont le général Jean-Marie Michel Mokoko et le pasteur Osée Ndonda Bilingé. Les observateurs s’attendent à ce que le scrutin se déroule sans incident majeur, malgré les tensions pré-électorales.

Cette coupure des communications n’est pas une première dans la région. Le Congo rejoint ainsi le Burundi, la République démocratique du Congo et la République du Congo qui ont eu recours à des mesures similaires lors de récentes élections. Les autorités justifient ces actions par des préoccupations sécuritaires, mais les organisations de défense des droits humains dénoncent une atteinte à la liberté d’expression et d’information.

Alors que les bureaux de vote ferment leurs portes, le pays retient son souffle. Dans l’attente des résultats, le Congo vit au rythme d’un silence imposé, entre crainte de troubles et espoir de stabilité. L’issue de ce scrutin pourrait redessiner le paysage politique congolais pour les années à venir.

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