Dans le cadre d’un dialogue stratégique essentiel pour l’avenir économique du Congo, le Dr Ricarda Mondry, représentante de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) dans le pays, a rencontré Juste Désiré Mondelé, ministre de l’Assainissement urbain, du Développement local et de l’Entretien routier. Cet échange, intervenu récemment à Brazzaville, a mis en lumière une vérité fondamentale souvent négligée : la prospérité agricole et le développement des territoires sont deux faces indissociables d’une même médaille.
La position défendue par le Dr Mondry est claire et sans équivoque : il est impossible de construire une agriculture durable et performante en dehors d’un cadre de développement local robuste. Cette vision holistique rejette l’approche sectorielle isolée et promeut une synergie indispensable. L’agriculture ne se résume pas à la simple production dans les champs ; elle englobe toute une chaîne de valeur qui nécessite des infrastructures, des services de proximité et un environnement socio.
-économique viable.
Cette rencontre de haut niveau entre la FAO et le ministère du Développement local n’est pas fortuite. Elle traduit une volonté commune d’aligner les politiques publiques sur une réalité terrain souvent complexe. Le développement local fournit le terreau sans lequel l’agriculture ne peut s’épanouir. Il s’agit notamment des routes pour écouler la production, des systèmes d’assainissement pour préserver la santé des communautés rurales, et des investissements dans les bourgs et villages pour retenir les populations et créer des débouchés.
Inversement, une agriculture dynamique est un puissant levier de développement pour les territoires. Elle génère des emplois, fixe les populations, valorise les ressources naturelles et stimule les économies locales. En affirmant cette interdépendance, le Dr Ricarda Mondry place la collaboration intersectorielle au cœur de la stratégie de résilience et de croissance du Congo. L’objectif est de briser les silos administratifs pour que les actions en matière d’entretien routier, d’assainissement et d’aménagement du territoire servent directement la modernisation et la productivité du secteur agricole.
Pour le Congo, cette orientation est cruciale. Le pays dispose d’un immense potentiel agricole encore sous-exploité. Libérer ce potentiel requiert bien plus que des semences améliorées ou des techniques innovantes ; il exige un écosystème territorial cohérent et favorable. Les routes doivent relier les zones de production aux marchés, l’assainissement doit garantir la salubrité des produits et le développement local doit offrir aux agriculteurs et à leurs familles des conditions de vie dignes, avec accès à l’éducation, aux soins et aux services.
Le dialogue initié par la FAO ouvre ainsi une voie pragmatique. Il encourage une planification intégrée où chaque projet d’infrastructure est évalué à l’aune de son impact sur la sécurité alimentaire et la vitalité des campagnes. Cette approche est la clé pour transformer l’agriculture congolaise, non seulement en un secteur productif, mais en un véritable pilier de développement humain et économique durable pour toutes les régions du pays.