Opération “zéro kuluna” : le rapport du CAD dénonce 138 assassinats et disparitions de jeunes au Congo
Le 30 juin 2026, le Centre d’Action pour le Développement (CAD) a rendu public un rapport alarmant sur l’opération « zéro kuluna » orchestrée par la Direction générale de la sécurité présidentielle (DGSP) entre septembre 2025 et avril 2026. Ce document, parvenu à la rédaction de Journal242.com, fait état de 138 assassinats et disparitions forcées, visant essentiellement des jeunes âgés de 18 à 35 ans, dans ce qui s’apparente à des crimes d’État.
Selon les chiffres consolidés par le CAD, sur 166 cas documentés, les exécutions sommaires représentent 43,4 % des violations (72 cas), suivies des disparitions forcées (33,7 %, soit 56 cas) et des actes de torture (22,9 %, 38 cas). L’organisation souligne que ces données ne sont qu’un « seuil minimal », la réalité étant sans doute bien plus sombre.
Le rapport détaille des pratiques systématiques : des jeunes arrachés aux procédures judiciaires en cours pour être exécutés publiquement, des agents masqués de cagoules pour garantir l’anonymat et l’impunité, ou encore un mécanisme de délation par SMS via les opérateurs Airtel et MTN, offrant jusqu’à 1 000 000 FCFA pour toute dénonciation. Autre fait troublant, la répression s’est concentrée dans le sud du pays, épargnant le nord pourtant confronté aux mêmes problèmes de délinquance.
Le CAD dénonce un « silence assourdissant » des institutions : Parlement, justice et Commission nationale des droits de l’homme n’ont pas joué leur rôle. L’organisation appelle à la cessation immédiate de l’opération, à la création d’une commission d’enquête indépendante et à l’indemnisation des familles.
Joint par Journal242.com, un responsable du CAD a déclaré : « Ces crimes ne peuvent être ni normalisés ni banalisés. Nous restons mobilisés jusqu’à ce que justice soit faite. »