Congo : la HALC mobilise contre la corruption à l’occasion de la 10e Journée africaine
Le Congo se prépare à célébrer la 10e édition de la Journée africaine de lutte contre la corruption. Ce mercredi 9 juillet 2026, la Haute Autorité de Lutte contre la Corruption (HALC) a donné le coup d’envoi des festivités par une déclaration solennelle de son président, Emmanuel Ollita Ondongo.
Placée sous le thème continental « Intégrité et lutte contre la corruption sur le Continent », cette journée, commémorée chaque 11 juillet, marque l’adoption de la Convention de l’Union africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption. Pour le Congo, signataire de ce texte, c’est l’occasion de réaffirmer ses engagements et de mesurer le chemin parcouru.
Un programme étalé dans trois villes
Loin de se limiter à une simple déclaration, la HALC a prévu une série d’activités de sensibilisation et de formation. Elles se dérouleront en trois temps : Brazzaville du 9 au 10 juillet, Pointe-Noire du 11 au 15, et Ouesso du 21 au 24 juillet. L’objectif est de toucher un large public, des agents publics aux citoyens ordinaires, en passant par le secteur privé et la société civile.
La déclaration de patrimoine, symbole de transparence
Dans son allocution, Emmanuel Ollita Ondongo a longuement insisté sur l’obligation de déclaration de patrimoine, présentée comme un pilier de la gouvernance transparente. Il a rappelé que le gouvernement, dès sa prise de fonction, s’était soumis à cet exercice, donnant ainsi l’exemple. « La corruption se vit au quotidien, dans le bureau où l’on exige un pot-de-vin, dans les marchés publics opaques, à l’école ou à l’hôpital », a-t-il déploré, appelant à une prise de conscience collective.
Digitalisation et protection des lanceurs d’alerte
Le président de la HALC a détaillé les cinq axes de la stratégie gouvernementale : renforcement des institutions de contrôle, digitalisation des services publics pour limiter les interactions humaines et accroître la traçabilité, transparence dans les marchés publics et les finances de l’État, protection effective des lanceurs d’alerte, et enfin éducation à l’intégrité dès le plus jeune âge.
La digitalisation des procédures fiscales et douanières, déjà engagée, est présentée comme un levier majeur pour assainir la mobilisation des recettes. De même, la reprise imminente de l’opération de déclaration des conflits d’intérêts, avec le soutien du FMI, confirme la volonté affichée de mettre en place des outils de prévention concrets.
Un combat de tous les instants
« Aucune loi, aussi solide soit-elle, ne pourra venir à bout de la corruption sans l’engagement de chaque citoyen », a martelé Emmanuel Ollita Ondongo. Il a invité la population à refuser la corruption au quotidien, à utiliser le numéro vert 1023 pour signaler les abus, et à exiger la transparence dans la gestion des affaires locales. Un message qui résonne comme un appel à faire de la lutte contre la corruption une cause nationale.
L’élaboration du plan stratégique de prévention et de lutte contre la corruption, validé par le Premier ministre, et la validation récente du document de politique nationale, témoignent d’une dynamique nouvelle. Reste désormais à traduire ces engagements en résultats palpables pour les Congolais.