Cémac : le Congo mise sur les réformes fiscalo-douanières pour doper l’import-substitution
En juillet 2024, les administrations fiscales et douanières des pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cémac) se retrouvaient à Brazzaville pour jeter les bases d’une stratégie ambitieuse : réduire la dépendance de la sous-région aux importations en favorisant la production locale. Deux ans plus tard, les fruits de cette initiative commencent à se faire sentir, notamment au Congo, où les autorités affichent leur optimisme quant à la montée en puissance de l’industrie nationale.
Les réformes adoptées dans le cadre de la stratégie d’import-substitution touchent principalement la fiscalité et les procédures douanières. L’objectif est de rendre plus attractifs les investissements dans les secteurs clés comme l’agroalimentaire, le textile ou la transformation des matières premières, tout en décourageant les importations massives de produits finis. « Nous avons mis en place des tarifs préférentiels pour les intrants destinés à la production locale, ainsi qu’un système de taxation incitatif pour les entreprises qui transforment sur place », explique un responsable de la direction générale des douanes congolaises, sous couvert d’anonymat.
Le Congo, qui avait accueilli la réunion fondatrice, se positionne en locomotive de ce mouvement. Le pays a déjà vu émerger plusieurs unités de production dans la zone industrielle de Pointe-Noire, créant des centaines d’emplois directs. Les produits « Made in Congo » gagnent peu à peu les rayons, soutenus par une campagne de sensibilisation baptisée « Consommer local ».
À l’échelle de la Cémac, l’harmonisation des politiques douanières progresse, même si des défis persistent. La suppression progressive de certaines barrières tarifaires entre États membres facilite les échanges de biens intermédiaires et favorise l’intégration des chaînes de valeur régionales. Les experts soulignent cependant la nécessité d’améliorer les infrastructures de transport pour fluidifier les corridors commerciaux.
En attendant, les autorités congolaises restent engagées : un nouveau plan quinquennal pour l’industrialisation, adossé aux réformes de la Cémac, devrait être dévoilé dans les prochains mois. La bataille pour l’autonomie économique ne fait que commencer, mais les premières victoires sont là.