Brazzaville : une jeune chercheuse appelle à diversifier les arbres urbains contre les risques phytosanitaires
Le 17 juin 2026, l’étudiante Alvira Baleza-Nobo a présenté un plaidoyer fort en faveur de la diversification des espèces d’arbres plantées en milieu urbain, à l’occasion de sa soutenance de licence à l’Institut supérieur des sciences géographiques, environnementales et aménagement (Isgea) de l’Université Denis Sassou-Nguesso. Son travail, intitulé « Estimation de la biomasse aérienne et du stock de carbone d’alignement d’arbres urbains dans la ville de Brazzaville », met en garde contre les risques liés à la monoculture.
Selon la récipiendaire, le ministère de l’Environnement devrait impérativement renforcer les campagnes de planting avec une variété d’essences pour éviter la propagation de maladies et de ravageurs. « La monoculture fragilise les écosystèmes urbains ; diversifier les arbres permet de mieux résister aux attaques phytosanitaires et d’optimiser les services écologiques », a-t-elle expliqué.
L’étude a été menée dans trois arrondissements de Brazzaville : Makélékélé (quartier Diata), Poto-Poto (avenue de France) et Ouenze (avenue des trois Martyrs). À l’aide d’un GPS et d’un double décamètre, la chercheuse a mesuré la hauteur et la circonférence des arbres pour calculer la biomasse aérienne et le carbone stocké. Les résultats révèlent qu’en moyenne, un arbre urbain à Brazzaville contient 1,21 tonne de biomasse, séquestre 0,61 tonne de carbone et équivaut à 2,22 tonnes de CO2 absorbé. Le record a été mesuré à 6,28 tonnes de biomasse pour un seul sujet.
Ces chiffres soulignent l’importance des arbres dans la lutte contre le changement climatique, a rappelé Alvira Baleza-Nobo. « Ils participent à la régulation du climat local et à la réduction des gaz à effet de serre. Il est donc crucial d’assurer leur entretien et de limiter les abattages sauvages lors des travaux d’aménagement urbain. » Elle recommande également la réalisation d’inventaires réguliers pour suivre l’évolution du patrimoine arboré et encourager les recherches scientifiques dans ce domaine.
À l’issue de sa présentation, le jury lui a décerné une note de 18 sur 20, assortie des félicitations, saluant la rigueur et la pertinence de son travail pour l’avenir environnemental de la capitale congolaise.