Fonction publique congolaise : Pierre Mabiala lance une vaste réforme contre les dérives administratives
Brazzaville, 27 juillet 2026 – Le ministre d’État, ministre de la Fonction publique, du Travail et du Dialogue social, Pierre Mabiala, a donné le ton d’une ère nouvelle pour l’administration congolaise. Lors d’une communication très attendue le 23 juillet au Palais des Congrès, il a dressé un état des lieux sans complaisance et annoncé des réformes structurelles pour éradiquer les comportements déviants qui gangrènent la fonction publique.
Devant un parterre de directeurs généraux, de responsables administratifs et de partenaires sociaux, le ministre a rappelé les douze attributions ministérielles qui lui ont été confiées par décret présidentiel, allant du recrutement à la retraite, en passant par la discipline et la digitalisation. Mais c’est surtout son plaidoyer pour un service public irréprochable qui a marqué les esprits. « Servir l’État, c’est servir loyalement, sans discrimination ni traitement de faveur », a-t-il martelé, insistant sur le fait que la fonction publique n’est ni un privilège ni un instrument d’égalisation.
Pierre Mabiala a pointé du doigt plusieurs fléaux : l’arnaque des usagers par des fonctionnaires véreux exigeant des pots-de-vin pour des documents gratuits, la perception de salaires par des agents fictifs ou décédés, les cumuls frauduleux de numéros matricules, ou encore l’existence de réseaux mafieux internes et externes à l’administration. L’absentéisme chronique, les retards répétés et l’abandon de poste sont également dans son collimateur.
« La valeur d’un fonctionnaire ne se mesure pas à l’étendue de ses pouvoirs, mais à l’unité avec laquelle il accomplit son devoir », a souligné le ministre, promettant une tolérance zéro. À cet effet, une revue générale des effectifs et des positions administratives a été lancée. Une commission dédiée travaille déjà à des solutions durables pour garantir la présence effective des agents et la rationalisation des ressources humaines.
Cette réforme s’inscrit dans une volonté présidentielle de moderniser l’État et d’améliorer la gouvernance. La digitalisation des administrations figure parmi les priorités pour limiter les contacts physiques propices à la corruption. Pour les usagers, souvent victimes de lenteurs et de tracasseries, l’annonce est porteuse d’espoir.
Reste à transformer l’essai. Le ministre s’est engagé à veiller personnellement à l’application de ces mesures. Les prochains mois seront décisifs pour juger de l’effectivité d’une refonte qui, si elle réussit, pourrait redonner du crédit à l’administration congolaise.